20 janvier 2007

CHERCHEUR d'ART (5)

 

Il y a deux Histoires : l'Histoire officielle - menteuse -

qu'on enseigne aux Hommes,

eh puis l'Histoire secrète - où sont les véritables causes des événements -

qu'on enseigne aux Oiseaux...


(d'après Honoré de Balzac)

  

  

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 Charles 1er d'Angleterre 

 

  

   Elémentaire mon Cher Watson ?... les indices étaient pourtant bien maigres au premier abord ! Par où commencer ? Quelle direction prendre ? Qui interroger ? Quelles archives consulter ? La tâche s'avérait être en fait littéralement titanesque ! C'est pourquoi je commençais mes recherches par ce que j'avais tout bonnement sous la main : une bonne vieille encyclopédie illustrée des Editions Lablonde... et comme tout le monde le sait : la blonde a réponse à tout, sauf aux questions qu'on lui pose !... Mais ne nous égarons pas avant même d'être parti... l'encyclopédie proposait la biographie succinte suivante :

CHARLES 1er : (Dunfermline, Ecosse 1600 - Londres 1649), roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande (1625 - 1649). Fils et successeur de Jacques 1er, il poursuivit le guerre contre l'Espagne et, Buckingham restant tout puissant, il épouse Henriette-Marie de France. Les dépenses du roi et de la Cour ayant amené Charles à exiger du pays une contribution financière, le Parlement lui remet, en 1628, le pétition du Droit, qui rappelle les limites de prérogatives royales. Charles renvoie le Parlement (1629) et durant onze ans gouverne seul. Après l'assassinat de Buckingham, le roi prend comme conseillers Laud et Strafford qui, comme la reine - catholique -, poussent le souverain à une politique sans compromis. Laud veut étendre à l'Ecosse puritaine la liturgie anglicane, aussi les Ecossais marchent-ils contre le roi, qui convoque le " Court Parliement " (1640), lequel ayant exigé des garanties avant d'aider le roi, est dissous. Les Ecossais avançant toujours, un " Long Parlement "  est convoqué, qui envoie Strafford à la mort (1641). Charles 1er est alors soupçonné d'avoir favorisé, par ses complaisances envers les catholiques, la révolte irlandaise. Le Parlement durcit sa position au point que le roi rompt avec lui (1642) : c'est la guerre civile. L'armée royale écrasée à Naseby (1645), Charles se rend aux Ecossais (1646). Livré au Parlement anglais, il s'évade (1647), déclenche une seconde guerre civile, qui est gagnée par l'armée de Cromwell. Celui-ci obtient du Parlement épuré (Parlement " croupion ") la mise en jugement de Charles, qui, condamné à mort, est exécuté (janv. 1649).

  

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Charles 1er... premier du nom... et - sauf erreur de ma part - premier monarque de l'histoire de l'humanité officiellement jugé et condamné à mort par ses propres vassaux et sujets !... Il faudra pourtant attendre près d'un siècle et demi après la réduction de Charles Stuart pour que le phénomène gagne le Continent et fit perdre à son tour la tête à Louis Capet !... Quoique succincte et quelque peu réductrice (sic), cette biographie de l'encyclopédie illustrée des Editions Lablonde eut néanmoins le mérite et l'avantage de combler mes lacunes historiques, et de confirmer le scénario de cette histoire de peinture supratemporelle dans laquelle je m'étais engagé tête baissée... Autre intêret - et non des moindres - de cet article, il était illustré d'un portait de Charles 1er sous lequel on pouvait lire la légende suivante : Charles 1er d'Angleterre, par... Van Dyck ! (Coll. part., Paris). Autant vous dire qu'en l'espace de quelques secondes mon esprit se retrouva en surchauffe intellectuelle : un portrait qui présentait d'étranges similitudes avec celui sur lequel j'avais entrepris mes investigations... un portrait qui se trouvait de surcroit dans une collection privée parisienne comme le mien... et pour parachever le tout un portrait attribué à Van Dyck ! Au maître incontesté et incontestable du portrait du dix-septième : Antoon van Dyck ! (prononcez antoun vanne-dèk si vous ne voulez pas passer pour un plouc aux yeux de l'intelligentia snobinarde). Voilà une histoire qui démarrait décidément sur les chapeaux de roues... Mais depuis, l'histoire m'a appris que les chapeaux n'étaient pas toujours ceux que l'on croyait être (ceux d'entre-vous qui ont lu le Petit Prince de l'autre Antoine... Antoine de Saint-Exupéry, ceux-là comprendront parfaitement ce que je veux dire). Une aventure intellectuelle de la sorte est rarement linéaire et continue... elle est faite de périodes creuses et de périodes d'intense activité, de cyclone et d'anti-cyclones, de pressions et de dépressions, de sècheresse, de traversées du désert... et de précipitations, de déluges et de navigation à vue... à la rame, pour ne pas parler de galère ! Souvente fois on confond la ligne d'horizon avec la ligne d'arrivée... et ce n'est finalement qu'un mirage de plus... Souvente fois on se trouve dans une impasse, prêt à rebrousser chemin ou carrément à abandonner... et puis un rebondissement inattendu vient relancer votre quête... Une aventure intellectuelle de la sorte est certes une route chaotique et tortueuse déroulée en solitaire... mais elle est faite aussi - et j'ai presque envie de dire surtout - de merveilleuses coïncidences et de rencontres humaines aussi improbables qu'inoubliables !

 

 

(Lire la suite ?)

 

Texte de Xavier de Harlay

 

 

 

 

 

PS En attendant que je finisse un jour enfin d'écrire cette " histoire secrète ", vous pouvez d'ores et déjà aller lire utilement l'article intitulé :

" The King's head - ou l'effigie du Roy "